Les trésors antiques de la péninsule hellénique font les frais des pillages et des coupes budgétaires.

Publié le par solidaires82

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Personne ne le reconnaîtra officiellement, mais la chasse aux trésors bat son plein en Grèce. Dans ce pays, il suffit de faire un trou pour mettre au jour statues, céramiques, pièces de monnaie... Si le phénomène n'est pas nouveau, il prend de l'ampleur avec la crise.

Un immense réseau de trafic d'antiquités vient d'être démantelé dans le nord du pays, impliquant 44 personnes. Des retraités, des employés, des indépendants, qui, armés de détecteurs de métaux, chassaient les antiquités. Le cerveau, un agent retraité des douanes, écoulait la marchandise à l'étranger auprès de collectionneurs ou dans des maisons de vente aux enchères. Les musées ne sont pas épargnés : en janvier, un Picasso et un Mondrian ont été volés à la Pinacothèque nationale d'Athènes ; en février, 77 objets anciens ont été pillés au Musée de l'Histoire des Jeux Olympiques, à Olympie.

La réduction de 30% du budget de la Culture a conduit à des coupes claires dans le gardiennage des musées et des sites. Les services archéologiques ont aussi été décapités. En novembre, une centaine d'archéologues âgés de plus de 55 ans ont brutalement été mis en préretraite, laissant en plan des chantiers. La cellule fraîchement nommée pour la sécurité des sites et des musées aura-t-elle les moyens de protéger le patrimoine grec ?

Maud Vidal-Naquet 

(Cet article a été publié dans le "Nouvel Observateur" du 15 mars 2012)

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